2500 personnes dans les rues de Namur pour défendre le secteur "handicap"

J.F. Lenoir

Avec un peu d’avance, Saint-Nicolas était présent à Namur en cette matinée du 21 novembre, pas pour distribuer des cadeaux, mais des rondelles de carottes, symbolisant des « carottages » du Gouvernement Wallon dans le budget du secteur non-marchand.

À sa suite, ils étaient environ 2500 à avoir répondu à l’appel des syndicats, rassemblés pour exiger l’annulation d’une diminution de 1.25% des subventions accordées au secteur des maisons d’éducation et d’hébergement, ainsi qu’aux entreprises de travail adapté, qui dépendent de l’Agence Wallonne pour l’Intégration des Personnes Handicapées.

« Il y a une tendance qui s’accélère, c’est de plus en plus difficile, confie Annick, éducatrice dans un centre de jour. Les réductions touchent tous les niveaux : le personnel – ceux qui partent ne sont pas remplacés et la qualité de notre travail diminue –, les activités aussi, ce qui est moins grave, car là, on sait se débrouiller. Mais moins personnel, c’est moins de qualité dans la relation, or c’est le plus important ! On ne veut pas faire du gardiennage, on a une mission pédagogique ! »

Concernant la réduction du personnel, les syndicats estiment que la diminution des subventions équivaudrait à la perte de 140 à 250 emplois. « Un séisme social », pour Christian Masai, secrétaire fédéral SETCA.

« Les pensionnaires sont également visés directement, explique Annick. Il est question de diminuer leur pension, et le prix de l’hébergement restant stable, cela fait une charge supplémentaire pour les familles. »

Des familles, des proches qui sont déjà sous pression.

Comme le disait clairement le mot d’ordre de la manifestation, « Un handicap ça ne se choisit pas, une politique sociale : oui ! », il est plus que temps d’avoir une politique sociale qui renforce la solidarité au lieu de l’attaquer, qui protège les plus fragiles au lieu de les mettre en danger, qui cesse enfin de faire payer au peuple la crise des financiers.