Un cataclysme social qui s'annonce.

Les 50.000 chômeurs qui seront exclus de leurs allocations ne se rendent pas encore compte du cataclysme social qui s'annonce.

Dans le cadre de leurs actions du 10 mars prochain dans toutes les grandes villes, la FGTB organise des séances d'information un peu partout en Wallonie.

En province de Namur, ces séances d'information, ont commencé par Ciney, la capitale du Condroz, et concernait les personnes habitant les communes de Ciney, Hamois, Havelange et Somme-Leuze.

La séance a commencé par un petit quiz afin de faire prendre conscience que cela nous concerne tous. Nous sommes tous dans le même bateau, personne ne sera épargné par ces mesures, qui nous en annoncent d'autres.

L'exclusion des 50.000 personnes en 2015 va-t-elle renflouer les caisses de l'état ?

L'ONEm a validé ma recherche active d'emploi, suis-je à l'abri de l'exclusion ?

Je travaille régulièrement comme intérimaire, suis-je à l'abri de l'exclusion ?

Je travaille à temps partiel dans un commerce, suis-je à l'abri de l'exclusion ?

Je suis chef(fe) de ménage, suis-je à l'abri de l'exclusion ?

Toutes ces questions ont une seule et unique réponse, quoiqu'en disent nos élus.

La réponse est évidemment NON !

Cette mesure est injuste en temps de crise, sachant qu’en province de Namur, il n'y a qu'un poste vacant pour quarante demandeurs d'emploi selon les statistiques.

Il y a eu 14.498 emplois perdus en Belgique entre 2011 et 2012, et 25.389 entre 2012 et 2013. C'est donc une évidence qu'il n'y a pas assez d'emplois disponibles dans notre pays.

Notre gouvernement s'était engagé à sortir 380.000 personnes de la pauvreté à l'horizon 2020. Mais ces mesures ne réduiront absolument pas ce problème de pauvreté : de plus en plus de personnes basculeront malgré elles dans la précarité.

En appauvrissant le chômeur, ce sont les conditions de travail et le salaire de tous les travailleurs qu'on tire vers le bas. L'UCM demande déjà la diminution des salaires de 5 euros de l'heure, et nous nous rapprocherons de plus en plus du modèle allemand.

Nous vivons dans un pays où il n'y a jamais eu autant de richesse, mais cette richesse est inégalement répartie : 20% des plus riches détiennent 60% du patrimoine, tandis que 20% des plus pauvres doivent se partager 0,2%, selon les chiffres de la Banque Nationale. Toujours selon la BNB, les dépenses de l'état, pour l'ensemble des allocations de chômage ne représentent que 3,2% contre 5% pour les subsides aux entreprises. 

Victor Hugo avait écrit ''C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches.''

Il n'y a pas encore si longtemps que cela, le PDG de Saint-Gobain, a multiplié son salaire par 3, alors que l'on mettait 300 travailleurs dehors ! Le groupe Français, propriétaire de cette entreprise, n'a jamais connu une année déficitaire depuis 1985.

« Et fin 2012, il distribuait 646 millions d'euros à ses actionnaires », nous dit Marco Van Hees. « Ses dividendes ont été multipliées par trois depuis 1996. Aucun travailleur ne peut en dire autant. Par contre le PDG de Saint-Gobain, lui, en a bien profité, car en 2012, son salaire s'élevait à 2,3 millions d'euros, soit 300 % de ce qu'il était en 2005. »

Pendant ce temps-là, le gouvernement a décidé de manipuler l'index pour le calcul des salaires, a bloqué les salaires, a décidé d'appliquer la dégressivité des allocations de chômage, a décidé d'exclure des chômeurs, ne soutient plus les services publics, favorise les contrats de travail précaires, organise le dumping social et salarial, ne soutient pas l'économie réelle, n'instaure pas une fiscalité plus juste, sur l'ensemble des revenus mobiliers et immobiliers.

Le PTB soutiendra et participera aux actions du 10 mars prochain, organisées dans la plupart des grandes villes. Plus nombreux nous serons, plus nous aurons les moyens de faire pression sur notre gouvernement.

Nous ne devons pas oublier que tous nos droits comme la semaine des 5 jours, le droit de vote, les congés payés, ne nous ont pas été donnés, mais ont été obtenus grâce aux luttes des travailleurs et des citoyens, et que c'est grâce à ces luttes dans la rue que nous avons pu obtenir ces droits.

Nous devons être solidaires et nous battre afin de nous offrir à nous et à nos enfants un meilleur avenir, nous devons retrouver le vrai débat démocratique que nos élus ont hélas oublié en instaurant toutes ces mesures antisociales au profit du monde capitaliste, de la finance, des spéculateurs.

Ce sont le travailleurs qui produisent la richesse : elle doit donc être redistribuée plus équitablement, et notamment entre les travailleurs qui la produisent.

Joël Dachelet
Tête de liste à la région
Dinant-Philippeville
0473/75.72.95.