L'OCTROI DE SUBVENTIONS AUX GROUPES POLITIQUES

Thierry Warmoes

Le point 70 inscrit à l’ordre du jour du Conseil communal de ce jeudi 12 décembre est sommairement intitulé : « Groupes politiques : octroi de subvention. »

Il aura fallu la sortie d’un conseiller devenu indépendant pour en apprendre plus sur le contenu de ce point, ce qui nous permet, premièrement, de souligner une nouvelle fois la difficulté d’accès aux informations pour les citoyens et groupes politiques non-représentés au Conseil communal. L’ordre du jour mis à disposition chaque mois n’apprend effectivement rien sur le contenu des points qui seront votés : c’est pourquoi le PTB demande qu’une courte description de ces derniers soit dorénavant incluse, ce qui rendra le document plus lisible, et renforcera, un peu, la démocratie locale.

Deuxièmement, l’opacité a du bon pour certains. C’est ce que tout citoyen serait amené à penser en en apprenant plus sur ce qui se cache derrière l’intitulé du point 70 et, par ce biais, sur certaines pratiques établies entre certains partis politiques : la Ville de Namur répartit donc annuellement (et « équitablement ») une subvention de 35.000 euros entre les partis représentés au Conseil communal, pour leurs « frais de fonctionnement » – en tout 210.000 euros (d’argent public) sur une législature de 6 ans, qui vont, selon un journaliste du Vif L’Express, « au financement des campagnes électorales. » Rien de neuf, le PTB ayant déjà interpellé la majorité sur ce « mécanisme. »

D’aucuns diront encore que cela se fait et se sait depuis une petite dizaine d’années, sans avoir jamais soulevé d’objection (sauf de la part du PTB.) Ce n’est pas un argument. Cela montre, surtout, que les majorités et oppositions namuroises successives ont respecté une certaine « tradition » qui arrangeaient tous les partis traditionnels. Une « tradition » que 9 communes sur 10 ont pourtant abandonnée…

Ce montant de 35.000 euros par an, que certains qualifieront de « goutte d’eau », serait un océan pour certaines ASBL. En ce début d’hiver, nous pensons plus particulièrement à celles qui viennent en aide aux plus démunis : c’est pourquoi le PTB appelle chaque parti représenté au Conseil communal à voter contre ce point 70, et demande au Collège de s’engager à redistribuer cet argent au profit de ceux qui en ont le plus besoin. Le choix le plus humain, est-ce employer de l’argent public pour mettre quelques pancartes de plus dans les jardins en 2014, ou pour pourvoir en nourriture et matériel de première nécessité ceux qui auront faim et froid, par le biais des ASBL concernées qui, chaque jour, se demandent comment elles vont pouvoir remplir leurs missions, n'ayant pas, elles, le pouvoir de se subventionner elles-mêmes ?

Pour le PTB, le choix est vite fait : les gens d’abord, pas notre profit.