Introduction: le parti pour une ville à la mesure des gens

Introduction
Le parti pour une ville à la mesure des gens

Pas de petites protestations par-ci par-là, mais une véritable révolution urbaine

Depuis des années, le PTB développe une vision de la commune de Namur bien différente de celle de la majorité cdH-MR-Ecolo. Nous voyons l’avenir de Namur en partant des besoins de la majorité de la population. Nous comptons sur la créativité des Namurois, sur leur curiosité et leurs talents pour développer la commune ensemble. Nous misons sur la solidarité, entre les citoyens mais aussi entre les villes et villages. À l’inverse de ce qui se fait toujours plus aujourd’hui.

C’est pourquoi nous nous sommes opposés à plusieurs décisions et projets de la majorité actuelle, en amenant notre vision de la commune et nos alternatives. Vous en trouverez de nombreuses dans ce programme. Faut-il dépenser six cent mille euros par an, durant trente ans, dans un téléphérique impliquant la suppression d’une crèche en centre-ville, ou investir cet argent dans du logement public moderne qui garantira des recettes à la Ville ? Faut-il un centre commercial à la place du parc Léopold, volontairement laissé sans entretien, ou une structure intégrant le parc et préservant l’espace public, dont les fonctions seraient définies par la population ? Les exemples ne manquent pas. Pensons encore à la suppression d’arrêts de bus avec la réforme Nam’in Move, les règlements de chasse aux mendiants qui ne résolvent rien, la multiplication anarchique des travaux et leur impact pour les riverains, commerces, passants, usagers de la route,...

Nous n’avons pas cessé au cours de ces années de dévoiler et dénoncer une idéologie commune à chaque parti de la majorité : celle d’une politique libérale qui place le privé et la concurrence entre villes avant les besoins de la population. Le pouvoir public se limite à « gérer » la commune en s’en remettant toujours plus au secteur privé, au lieu de repenser le cadre où elle évolue et gouverner dans l’intérêt du plus grand nombre. Cette politique, également menée dans d’autres grandes villes, fait la part belle aux dépenses de prestige, au « bling-bling » et aux « grands projets ». Une vision largement soutenue par l’Europe du libre marché, qui a pour cela des millions et des millions d’euros, mais nettement moins pour le social et le renforcement de nos services publics. Cette politique libérale vise à attirer les touristes et les hauts revenus à Namur, au détriment de beaucoup de personnes. Et s’ils prétendent le contraire, le cdH, le MR et Ecolo laissent « au bord du chemin » la toute grosse majorité de la population namuroise. Il s’agit là d’un choix politique affirmé, pas de quelque chose de « naturel ».

Un des résultats les plus visibles de cette politique est qu’on voit se développer dans notre ville une pratique pour le moins inquiétante, à savoir une convergence d’intérêts toujours plus étroite entre les grands acteurs de l’immobilier et de la construction et les décideurs des partis politiques. Il y a de moins en moins d’hésitation à vendre les espaces urbains aux intérêts privés d’une minorité, à brader le patrimoine communal. Ainsi, petit à petit, la Ville perd le contrôle de son développement. Hormis les impôts et taxes qui appauvrissent les gens, elle a de moins en moins de recettes. Le privé, lui, a de plus en plus de place et de rentrées, de capital. On le voit avec l’explosion du logement de standing, de luxe, dans la commune. Au moment d’écrire ces lignes, Thomas et Piron inaugure un énième nouvel « écoquartier » à Jambes. Aucun des appartements n’est prévu pour des ménages avec des revenus moyens ou modestes. En pensant la ville, la commune, nous devons donc toujours nous poser cette question : par qui est faite la commune, au nom de quoi, pour qui et au détriment de qui ?

Une ville se construit à travers des rapports de force. Elle est parcourue d’intérêts opposés. La société Besix, actuelle porteuse du projet de centre commercial sur le square Léopold, partage-t-elle les mêmes intérêts que la majorité des Namurois ? En tous cas, elle ne partage pas ceux des 12 945 citoyens ayant voté « non » à la consultation populaire, que la majorité cdH-MR-Ecolo aura tout fait pour manipuler et qu’elle tente aujourd’hui une fois encore d’enterrer.

Nous disons souvent que nous sommes dans une démocratie de faible intensité. Une fois les élections passées, les citoyens n’ont pratiquement plus rien à dire sur le développement de leur espace de vie, de leur quartier. Pour nous, cela ne va pas : les citoyens et leurs besoins doivent être au cœur du débat en permanence, ils doivent avoir leur mot à dire et être soutenu par un pouvoir public capable de concrétiser des projets dans leur intérêt. Un pouvoir fort, capable de tenir tête aux pieuvres du secteur privé. C’est là que nous disons aussi qu’il faut un changement de cadre, pour une politique au service de la majorité de la population.

Nous ne nous contenterons donc pas de petites protestations par-ci par-là. Ce que nous voulons, c’est inverser la tendance, c’est sortir du cadre, c’est une véritable révolution urbaine, en nous inspirant de ce qui se fait de meilleur ailleurs. Nous sommes pour une ville à la mesure des gens, une ville qui ne sera pas mise en vente au plus offrant, mais qui s’organise et s’efforce de répondre aux besoins de ses habitants.

Nous ne voulons pas d’une Ville qui se contente de palabrer sur des logements abordables, mais qui s’y attelle réellement en se donnant les moyens de le faire. La majorité cdH-MR-Ecolo a complètement abandonné le logement public, faisant passer Namur sous le seuil de dix pourcents de logement public imposé par la Région wallonne aux communes. La Ville perd ainsi 300 000 euros de subsides par an, en logeant mal une part de la population, avec les conséquences qu’une mauvaise habitation peut avoir.

Nous voulons une Ville qui ne laissera aucune chance à la pauvreté. Quand on sait qu’il y a à Namur 4 763 familles monoparentales où le parent est la mère, que ces familles et les femmes sont plus confrontées à la pauvreté que d’autres catégories de la population, nous pouvons nous demander combien d’enfants grandissent dans la pauvreté ? De nombreux faits sont alarmants, comme l’augmentation constante des colis alimentaires distribués par les associations d’aide. Oui, nos voulons en finir avec la pauvreté, avec les spirales vicieuses qu’elle implique, et pas simplement nous contenter de la « gérer ». Nous voulons une ville où tous les habitants seront pris en considération, une ville sans citoyens de seconde zone, sans peur, sans racisme et sans division. Une ville unie, pour remporter tous les défis qui se présentent à elle.

Nous voulons une ville neutre au niveau climatique, qui tienne compte de l’avenir, où le changement climatique n’est pas vu comme un problème, mais comme une opportunité pour assurer une transition écologique par la planification. Une ville verte, dans tous les sens du terme. Verte d’abord pour tous ses citoyens, avec un parc Léopold réhabilité et des parcs dans tous les quartiers et villages. Verte de par son empreinte écologique réduite.

Nous voulons une ville sans problème de circulation, où la sécurité des piétons et des cyclistes est une priorité, tout comme le développement des transports publics, y compris pour se rendre au travail. Une ville où la voiture n’est plus nécessaire, où l’on peut s’en servir le moins possible.

Pour le répéter, nous ne voulons pas de petits changements ici ou là mais changer fondamentalement la ville et la politique communale. Nous ne sommes donc pas intéressés par une redistribution des postes et du pouvoir. Nous ne sommes pas intéressés par une réorganisation des alliances. Ce qui nous intéresse c’est de mettre en pratique notre vision de la commune, ce qui passera par un plus grand pouvoir démocratique de la population.

Il est plus que temps que l’on mette en œuvre une politique urbaine globale permettant à chaque ville de faire valoir ses atouts. Et non une politique qui monte les villes les unes contre les autres dans une bataille concurrentielle absurde et ruineuse. Complémentarité et solidarité, et non concurrence anarchique.

La ville doit retrouver son statut de cité et cesser d’être considérée comme un outil de marketing, comme une vulgaire marchandise à vendre. La ville est le lieu où les citoyens vivent ensemble, où ils habitent, où ils travaillent, où ils font leurs courses et où ils se divertissent. Le mot « commune » vient du terme « communauté ». Une commune n’est pas un supermarché. Une administration communale doit veiller à ce que chaque habitant ait un logement décent, les conditions de vie les meilleures possibles, un environnement sain, mais aussi que chacun puisse se déplacer aisément et se divertir. Les besoins des habitants doivent être la priorité de la commune.

Soyons clairs, nous avons le choix entre deux visions diamétralement opposées. Une vision commerciale qui donne la priorité au béton et au privé. Et une vision publique qui donne la priorité aux gens et à une plus grande justice fiscale. Là est tout l’enjeu des élections. Quelle est la vision la mieux adaptée à notre 21ème siècle : la ville vénale ou la ville à la mesure des gens ?


Pour nous, le choix est fait. Ce sera la ville à la mesure des gens.


Thierry Warmoes et Jean-François Lenoir


le 25 juin 2018

Namur, aujourd’hui et demain

Comme de nombreuses villes, Namur n’échappe pas aux « grands projets » : nouveau centre commercial, nouvelle gare des bus, nouveau téléphérique, nouveau Grognon (rebaptisé « Confluence »), nouveaux logements de standing et nouveaux bureaux,... Le 21ème siècle serait-il celui de la bétonneuse ? Une chose est sûre : les promoteurs, grands entrepreneurs et autres bureaux d’études sabrent le champagne, devant tant de bonnes affaires, de chantiers lucratifs. Via des « partenariats public-privé », ils font et défont les villes au gré des tendances du marché – et aussi, disons-le, des caprices de certains élus...

La population, elle, se pose des questions : « De telles dépenses sont-elles raisonnables ? Ces projets sont-ils tous nécessaires, indispensables ? » Oui, la population se pose des questions, mais elle n’a pas réellement voix au chapitre : que ce soit sur les projets, ou sur l’utilisation de l’argent public, celui de la collectivité, pour la collectivité. Pourtant, elle ne manque ni d’idées, ni de sagesse... populaire. Petit bilan sur Namur aujourd’hui, et idées pour demain.

C’est moi qui ai le plus grand...

Il suffit de lire l’introduction de la déclaration de politique générale de la majorité cdH-MR-Ecolo en 2012, le chapitre « vision », pour comprendre ce qui dicte bon nombre de ses décisions. Il ne s’agit pas de penser et promouvoir une vision différente du monde, de la société. Il s’agit de coller parfaitement au modèle dominant, de s’adapter, sans la moindre remise en question. On peut ainsi lire ladite déclaration : « Il existe une véritable concurrence entre villes pour attirer les activités économiques et nous devons donc faire de la publicité pour attirer l’attention. Quels sont en effet les grands facteurs d’attractivité des territoires, selon le bureau français Ineum Consulting ? »

La vision politique de la majorité namuroise est celle d’un cabinet international de conseil en management, qui considère les villes comme des marchandises qui doivent se vendre. C’est la compétition au lieu de la coopération. C’est la concurrence égoïste au lieu de la complémentarité solidaire. C’est cela qui amène toutes les grandes villes à vouloir leur pyramide, leur tour Eiffel, leur gare Calatrava, leur centre commer- cial... Et si possible en plus grand et en mieux que le voisin, sinon les touristes, qui sont des parts de marché, risquent d’aller dépenser leurs sous ailleurs.

Dans ses conséquences, cette vision qui implique un développement anarchique, absurde, du territoire, est aussi particulièrement réductrice. L’originalité n’a sa place que dans la forme des constructions désirées et imposées – et encore... Dans le fond, comme la vision des élus au pouvoir est la même partout, comme le manuel qu’ils suivent est le même, tout tend à se ressembler. Vision unique, pensée unique.

Le grand ravalement de façade

Chaque ville veut attirer un maximum de touristes et d’investisseurs. Il est clairement dit dans la déclaration de politique générale namuroise qu’il faut « faire de la publicité pour attirer l’attention. » Pour cela il faut un grand ravalement de façade : raser, démolir, récurer, bétonner, rénover... La ville doit se vendre. Faire parler d’elle. Voilà pourquoi il faut beaucoup de « grands projets ». Voilà pourquoi il faut expulser la misère des rues. Voilà pourquoi il faut brader l’espace public. Voilà aussi pourquoi, depuis quelques temps, l’art, comme faire-valoir, fait son retour sur les places. Tout cela fait partie des « recommandations » des cabinets internationaux de conseil en management. C’est ce qu’on appelle du marketing urbain. Est-ce le modèle que nous voulons pour demain ?

Citoyens, merci de la boucler !

Et la population, là-dedans ? Les élus au pouvoir se veulent aussi rassurants que convaincants : les « grands projets » profiteront à tout le monde, du nanti de l’avenue de la Vecquée à celui qui est laissé à la rue. Un téléphérique, c’est semble-t-il beaucoup mieux, plus important, plus profitable que du logement public. Un centre commercial pour multinationales, c’est semble-t-il beaucoup mieux, plus original, plus utile et attirant qu’une halle publique, un beau marché couvert, pour les producteurs et artisans locaux. La grosse dotation communale à « Namur-Europe-Wallonie », une Association Sans But Lucratif de « marketing territorial », c’est semble-t-il beaucoup mieux, plus important, plus indispensable que le remplacement du personnel communal partant à la pension ou le financement conséquent d’associations d’aide.

Si certaines personnes émettent des critiques sur tel ou tel projet, c’est qu’elles n’ont pas compris, qu’il faut « faire de la pédagogie », mieux leur expliquer les choses. Elles sont stupides, quoi ! Et les élus au pouvoir ont toujours raison. Car dans l’idéal des partis traditionnels, la population ne doit surtout pas s’occuper d’affaires qui la concernent pourtant directement. On organise donc des Conseils communaux à huis clos. Et pour décider de l’avenir de tout le quartier Nord de la corbeille, on paie 28 000 euros à des consultants pour organiser des ateliers de « coconstruction » dont rien ne peut fuiter. Et si, comme c’est le cas à Namur, l’idée vient à des citoyens de s’organiser en collectif pour avoir leur mot à dire sur un projet, pour promouvoir une vision différente de la ville et de la société, tout est fait pour les décourager, les museler, les écraser. Citoyens, merci de la boucler !

Une ville des gens d’abord, par et pour les citoyens

Cela nous amène naturellement au fonctionnement de la démocratie locale, et à la place à laisser aux citoyens. Pour certains, la démocratie, représentative, doit se limiter à remplir une ou plusieurs cases avec un crayon rouge les jours d’élections. Entre ceux-ci, la population peut dormir, les élus au pouvoir s’occupent de tout pour elle.

Pour nous, la démocratie, participative, demande d’impliquer au maximum la population dans les décisions budgétaires et le choix des projets. C’est simple : il faut commencer par lui demander quelles sont ses priorités, mais aussi ses idées, ses envies... Il faut se soucier de la population en dehors des campagnes électorales, en finir avec le marketing politique. Des enquêtes, des débats publics, des consultations populaires, doivent avoir lieu régulièrement, et sans fausser la donne comme l’a fait l’actuelle majorité namuroise avec le parc Léopold. Il faut stimuler la création de comités de quartier, encourager la participation de tous à la vie de la cité, pour penser et construire la ville de demain avec un maximum de monde. Il faut un budget participatif pour financer les projets des gens eux-mêmes, dans leurs quartiers et villages.

Namur, ville morte ?

On entend parfois dire de Namur qu’elle est une ville morte. Ou, plus poétique, une belle endormie... qu’il faudrait réveiller ! Il y a quelques années, au sein de l’actuelle majorité, il était question de faire du piétonnier namurois un « carré » à la liégeoise. Idée qui n’est sans doute pas encore définitivement rangée dans un tiroir. Les « grands projets » sont eux présentés comme des moyens de rendre Namur plus « attractive » pour les touristes et les investisseurs.

Posons-nous quelques questions. Premièrement, ces projets répondent-ils aux besoins des Namurois, mais aussi à l’identité et au cadre de vie namurois ? Deuxièmement, si on se réfère à l’argument ou à la vision de la majorité cdH-MR-Ecolo, Namur sera-t-elle plus attirante en copiant ce qui se fait ailleurs, quitte à la dénaturer, ou en innovant, en jouant la carte de l’originalité ?

Chaque ville, en effet, a son histoire, son visage, son rythme, son caractère... Faut-il dès lors identifier, valoriser, renforcer les qualités de chaque ville, ou faut-il copier ses voisins, vouloir ce qu’ils ont dans leur jardin sans voir ce qu’on a dans le sien ? On entend souvent dire de Namur que c’est une ville à taille humaine, une ville à la campagne, un gros village. Oui, et cela fait partie de son charme, de son attrait. Les projets et innovations de demain doivent prendre cet aspect en compte. Ils doivent aussi faire l’objet de consultations populaires.

Le Namurois n’est pas opposé au moindre changement, comme on l’entend parfois : simplement il n’accepte pas tout et surtout n’importe quoi au nom du « rayonnement international » ou d’une quelconque lubie. Donc non, Namur n’est pas une ville morte, mais une ville bien vivante, où il se passe toujours quelque chose.

Namur, comme nous la voulons au 21ème siècle

Il y a Namur telle qu’on la ressent, telle qu’on l’imagine, telle qu’on la souhaiterait. Mais il y a aussi Namur telle qu’on doit la penser sur base des grands enjeux de ce début de 21ème siècle. Il y a l’enjeu de la justice sociale et du bien vivre pour tous, mais aussi l’enjeu environnemental. En effet, pour vivre, nous dépendons d’un écosystème, et de plus en plus de données montrent que le système économique dominant, le capitalisme, perturbe gravement cet écosystème : changement climatique, pillage des ressources naturelles, extinction d’espèces, pollution de l’air, de la mer, de la terre... Nous sommes à un croisement : à droite, il y a le mur, à gauche, la suite de l’aventure. Il est plus que temps d’agir, aussi bien pour nous que pour notre environnement, de penser différemment le développement des villes, de rompre avec le modèle dominant dont l’emblème pourrait être... un centre commercial.

En plus de réfléchir et aménager la commune sur base du respect de l’environnement, de l’écosystème, le « bien vivre » des habitants est central. Tout est fait pour créer des espaces agréables, propices aux rencontres, à la convivialité, à la solidarité. Cela demande de permettre et d’encourager la participation populaire, au lieu de la craindre et la museler comme à Namur actuellement. Cela demande d’imposer ses conditions, qui sont celles de la majorité de la population, aux promoteurs immobiliers, et pas d’accepter leurs projets « clé sur porte ». Le patrimoine et les traditions sont également valorisés, de même que les producteurs et artisans locaux : alimentation saine, circuits-courts... Les villes qui aujourd’hui sont pionnières font partie d’un réseau comme celui-là, ou comme celui des villes en transition.

C’est pourquoi, depuis le début, nous défendons la préservation et l’embellissement du parc Léopold au lieu du béton et des vitrines. C’est pourquoi nous imaginons une halle publique, un marché semi-couvert, comme dans de nombreuses villes de France. On pourrait y trouver des producteurs et artisans locaux, ou encore des boutiques style « récup », comme la Ravik Boutik. Avec, pourquoi pas, un kiosque et des fontaines, ou...

Au minimum, y réfléchir avec les gens. Pour citer Rob Hopkins, initiateur du mouvement des villes en transition, de passage à Namur : « Nous demandons aux gens qu’ils déterminent le futur de leurs espaces. Les promoteurs viennent avec des plans tout faits, mais nous on part d’une page blanche en disant : vous pouvez en faire ce que vous voulez. » Une vraie page blanche, et pas une manipulation comme la majorité cdH-MR-Ecolo en a fait sa spécialité...

Demain, Namur peut devenir un modèle et un laboratoire, une ville pionnière. Ou une contrefaçon sans intérêt. Le choix nous appartient.

La ville est un rapport de force

À travers l’histoire, il y a toujours eu des oppositions dans les sociétés : entre les maîtres et les esclaves qui travaillaient pour accroître la richesse de ceux qui les achetaient sur les marchés, entre les seigneurs et les serfs qui leur donnaient une part de leur production agricole, entre les ouvriers sans droits et les propriétaires de mines ou d’industries... Ces oppositions entre ceux qui possèdent et ceux qui n’ont rien hormis leur force de travail à vendre définissent des classes sociales, qui ont des intérêts opposés. Et sur base de ces intérêts opposés, à travers l’organisation des exploités et opprimés, va naître le rapport de force. C’est un rapport de force suffisant, par exemple, qui a permis aux mouvements ouvriers de conquérir des droits comme le droit de vote, les congés payés, la sécurité sociale... Aujourd’hui, ce rapport de force trouve un de ses cadres dans la ville, dans les communes.

Par qui la ville est faite, au nom de quoi, par qui et au détriment de qui ?

Regardons les décisions politiques qui sont prises, au niveau fédéral comme communal : quand le fédéral prend des mesures pour chasser les chômeurs et allocataires sociaux, le communal chasse les mendiants et ne finance pas suffisamment un CPAS ayant dû accueillir les exclus du chômage ; quand le fédéral applique l’austérité, traque les malades de longue durée, démolit les services publics, le communal augmente les centimes additionnels de l’impôt sur les personnes physiques et la taxe sur la propreté publique et le raccordement aux égouts ; quand le fédéral décide que les gens doivent travailler plus longtemps pour une pension plus basse, le communal laisse le logement dans les mains du privé au lieu d’avoir du logement public pour tous les âges...

Si toutes les mesures prises par le gouvernement fédéral ont des répercussions jusque dans les communes, nous voulons une alternative pour la ville qui soit la plus ambitieuse possible, mais les moyens seront néanmoins limités. Un changement massif au niveau local ne sera donc possible que dans un cadre plus vaste, un autre cadre. Et comme la commune est le niveau de pouvoir le plus proche de la population, c’est à ce niveau que nous pourrons commencer à nous organiser pour reprendre l’avantage dans le rapport de force.

Nous voulons des quartiers et villages intégrés

Le droit à la ville que nous concevons intègre le droit au logement, le droit aux soins de santé, le droit à l’enseignement, le droit au travail, le droit à la culture, le droit à la participation et à l’espace public.

Il faut une politique communale sociale et diversifiée au lien de la soif du gain et du prestige. Nous sommes pour une rénovation et une revalorisation de la ville basées sur une logique publique. Ce que nous défendons, c’est un renouvellement intégré. Ce qui implique qu’en plus des espaces verts et des places, on se focalise surtout sur les besoins des habitants.

Un quartier ou un village intégré est un quartier ou un village où les logements, les soins de santé ou l’enseignement sont accessibles, abordables et convenables. Un quartier ou un village avec des infrastructures publiques en suffisance et proches des gens : bibliothèques, piscines, crèches, plaines de jeux, infrastructures sportives et culturelles, espaces verts... Un quartier ou un village avec des services sociaux de proximité, avec des services d’utilité publique, par exemple des parcs à conteneurs, des services de transport abordables et, à nouveau, des bureaux de poste et des agences bancaires.

  • Un quartier ou un village intégré, c’est donc pour nous un quartier ou un village avec :
  • une école de qualité ;
  • des logements accessibles à la grande majorité des citoyens (en offre diversifiée incluant des logements à louer et à vendre abordables et des logements sociaux de qualité) ;
  • un médecin généraliste, un dentiste et un pharmacien (pour des soins de première ligne de qualité et bon marché) ;
  • un bureau de poste (avec accès Internet), une agence bancaire publique et un distributeur automatique de billets ;
  • des espaces verts et des aires de jeux en suffisance ;
  • une maison de quartier accessible à tous fonctionnant selon le principe « café et papiers » ;
  • des lieux de rencontre et des maisons de jeunes ;
  • respect et diversité ;
  • un parc à conteneurs gratuit et un service d’enlèvement des déchets adéquat ;
  • des agents de quartier qui habitent le quartier et connaissent réellement les habitants ;
  • une infrastructure de proximité : une bibliothèque de quartier, éventuellement une laverie communale ;
  • des transports publics, un service public de vélos partagés (Bia Vélo) et un service public de voitures partagées (Cambio) ;
  • des petits commerces indépendants : coiffeur, boulanger, épicier...

Notre Grande Enquête : un dialogue exclusif avec 1040 Namurois

Fin octobre 2017, le PTB a lancé le plus grand sondage jamais réalisé sur Namur par un parti politique. Durant quatre mois, des dizaines de membres du parti ont bravé les temps d’automne et d’hiver pour soumettre une quarantaine de propositions à un maximum de personnes. Les résultats de cette Grande Enquête nous donnent une vue unique sur le regard que le Namurois porte sur sa ville.

Avec sa Grande Enquête, le PTB a proposé un questionnaire consistant aux Namurois. On leur a demandé d’indiquer les trois thèmes les plus importants pour la ville, et, pour dix thèmes, de choisir la meilleure parmi quatre propositions. De nombreuses personnes ont aussi fait elles-mêmes de nouvelles propositions. On devait aussi marquer son accord ou son désaccord avec deux thèses sur la politique de la Ville. En moyenne, les répondants ont eu besoin d’un quart d’heure pour répondre à la Grande Enquête, ce qui fait un total de 260 heures de dialogue.

1 040 Namurois ont pris le temps de donner leur avis au PTB. La plus grande partie (66 %) a rempli un formulaire papier au marché de Jambes ou de Namur, lors d’une des nombreuses sorties du PTB dans les quartiers et villages du grand Namur (Jambes, Salzinnes, Bomel, Vedrin,...) ou tout simplement en famille, chez des amis, connaissances ou collègues. 357 personnes ont donné leur avis sur le site du PTB, un signe de l’impact grandissant du parti sur la toile.

L’emploi, la pauvreté et le logement sont les grandes priorités

La constatation la plus frappante de la Grande Enquête est l’importance que le Namurois donne à l’emploi. Près de six Namurois sur dix placent l’emploi dans leur top 3 des thèmes les plus importants. Même si la commune a relativement peu de leviers par rapport à cette matière, elle a tout de même certaines possibi- lité d’action en créant plus d’emploi public.

La seconde priorité des Namurois est la lutte contre la pauvreté. 44 % des interrogés la mentionnent et 36 % la place en première position. A la troisième place (40 % des interrogés) vient la problématique du logement.

Que la lutte contre la pauvreté et le logement prennent une place si importante est remarquable, mais pas inattendu. A Namur, de plus en plus d’enfants grandissent dans la pauvreté. Le nombre de familles aidées par le CPAS ou des associations comme Une Main Tendue et les Restos du Cœur, sont en augmentation constante. Quant au logement, chacun sait que tant les loyers que les prix de vente ont explosé. Des Namurois aux revenus modestes ou des jeunes couples qui veulent s’installer sont obligés de quitter la commune pour la Basse-Sambre ou l’Entre-Sambre-et-Meuse. Tout ceci touche tout le monde, jeune ou vieux, fortement éduqué ou non, habitant de Namur, Jambes ou des villages périphériques.

« Inventaire des immeubles non occupés : la Ville doit racheter les bâtiments, les restaurer, puis les louer à des prix démocratiques » est la revendication la plus populaire de cette Grande Enquête. Presque la moitié (46 %) des Namurois ont choisi cette proposition. Clairement, les Namurois n’acceptent pas que de nombreux bâtiments (privés ou publics) soient vides alors que des gens doivent dormir à la rue. Les Namurois attendent aussi une politique active de la Ville pour créer des emplois de proximité. 39 % des personnes interrogées soutiennent la proposition « Plus de services de proximité publics : crèches, garderies, maisons médicales, maisons de repos,... ».

Le PTB estime que c’est un signal positif que tant de Namurois veuillent engager le combat contre la pau- vreté et pour plus de logements de qualité. C’est donc pourquoi ils comptent parmi nos principaux thèmes de campagne.

Les autres priorités des Namurois

Après l’emploi, la pauvreté et le logement, d’autre thèmes préoccupent les Namurois. D’abord la sécurité (indiquée par 29 % des personnes sondées), ensuite l’environnement et la propreté (27 %), la gestion financière et les impôts (25 %), et enfin la mobilité (25 %). Ici aussi, il y a peu de différences entre les différents groupes de la société, même si, par exemple, les thèmes de la mobilité et l’environnement touchent plus les personnes ayant un diplôme de l’enseignement supérieur, tandis que la sécurité et l’emploi sont une préoccupation majeure des gens ayant seulement un diplôme de l’école primaire ou secondaire.

Le Namurois veut une Ville active

Trois quarts des Namurois qui ont participé à la Grande Enquête sont d’accord avec la thèse « La Ville doit s’occuper du logement, de la petite enfance et des maisons de repos, et ne pas laisser cela aux promoteurs privés. » C’est pourtant la politique poursuivie par la Ville, qui se voit ainsi désavouée par une partie impor- tante de la population. Les Namurois n’acceptent pas de voir des lotissements privés et des appartements de standing pousser comme des champignons, alors que le logement public ne suit pas. Et il en va de même pour les maisons de repos. Clairement, la population attend ici de la Ville qu’elle se ressaisisse. Le PTB en fera une priorité pour la prochaine législature.

Plus de la moitié (58 %) des Namurois se disent aussi insatisfaits de la politique menée par la majorité cdH-MR-Ecolo en place à la Ville depuis 2006. Un quart ne s’exprime pas et seulement 14 % se dit satisfait.

Les propositions les plus populaires

Pour le choix des propositions par thème, ce sont clairement les mesures sociales qui emportent le soutien des Namurois. Après « Inventaire des immeubles non occupés : la Ville doit racheter les bâtiments, les restaurer, puis les louer à des prix démocratiques » (thème du logement, 46 %), suivent « Sanctions éducatives rapides pour les petits délits, basées sur la réparation des dégâts et l’aide aux victimes » (sécurité, 44 %), « Renforcer l’offre du TEC : plus de bus en soirée (au moins jusque minuit), le week-end et vers les villages périphériques » (41 %), « Plus de services de proximité publics : crèches, garderies, maisons médicales, maisons de repos,... » (39 %) et « Adapter les taxes et impôts aux revenus des ménages pour que les riches paient plus et les pauvres moins » (38 %).

Tous les résultats de notre Grande Enquête sont incorporés dans le présent programme. Ce programme, c’est donc votre programme.

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?