Un bidonville à Saint-Servais.

La Ville doit prendre ses responsabilités

Depuis un temps qui sera toujours trop long pour qui habite à la rue, deux familles (au sens large du terme) ont élu domicile dans les anciennes carrières d’Asty-Moulin à Saint-Servais. Ce site naturel, aujourd'hui classé Natura 2000, est le refuge qu'elles ont trouvé pour s'abriter sous des tentes et dans des cabanons de fortune.

Ces familles n’y disposent d’aucun accès à l'électricité, à l’eau courante ou à des sanitaires. Elles sont obligées de s’en remettre au soutien de quelques riverains de la rue de l’Industrie, pour avoir quelques bidons d’eau potable et des vêtements propres.

 

 

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Ce dimanche 18 novembre, quelques militant(e)s namuroi(e)s du PTB sont allés à leur rencontre. Ils ont aussi rencontrés des riverains. Une dame du quartier a déjà interpellé la Ville pour qu’elle prenne des mesures afin de permettre aux habitants du bidonville d’être relogés et d’avoir accès aux besoins de base. Pas de réponse des autorités communales.

« Ils vont parfois avec les enfants à la Petite Bouée* pour qu’ils puissent prendre une douche, mais cela génère des tensions avec les personnes qui bénéficient habituellement de ce service, car les places sont limitées », explique cette dame. « De plus, ce n’est pas du tout adapté pour des enfants, qui n’ont pas vraiment d’intimité au milieu des adultes. » Elle nous précise encore que les associations font ce qu’elles peuvent pour les aider, mais qu’elles disposent de peu de moyens. Une autre riveraine ajoute :« C’est trop facile de se décharger sur les habitants et les associations, les dirigeants doivent prendre leurs responsabilités au lieu de chasser ces gens ! » Une de ces familles a par ailleurs déjà été expulsée plusieurs fois d'autres abris de fortune avant de s'installer dans les carrières. À défaut de s'attaquer au problème, on le déplace, et la situation stagne, voire empire.

Six enfants – dont trois en bas âge** - sont obligés de vivre dans ces conditions d’hygiène et de dignité inadmissibles. Ils sont refusés à l’école car « trop sales ». Ils ont d'importants retards de scolarité. Par exemple, a 13 ans, Larissa a à peine fini sa troisième primaire. Maria a 10 ans, mais ne sait toujours pas lire.

Une des personnes s'abritant dans les carrières, Denis, fait circuler la pétition. Lui et sa compagne ont été expulsé de leur logement, et n’ont pas pu en retrouver un autre en urgence : « On se réunit tous en journée sous la tonnelle, on a un petit poêle à pétrole pour se réchauffer, ce serait insupportable sinon par ce froid, impossible de rester dans les tentes ! »

La Ville doit être en mesure de proposer un logement à toutes ces familles (belges ou non) qui sont à la rue, mais elle ne montre aucune volonté politique ! Elle se réfugie derrière des arguments de « légalité » que nous ne pouvons accepter car pour nous, c'est l'humanité qui doit prévaloir. Des situations comme celles que vivent ces familles sont inacceptable dans un pays riche comme la Belgique.

Namur compte bien trop peu de logements d'urgence, qui sont donc tous occupés. Et la Ville a laissé le marché immobilier aux mains du privé, ne construisant des logements sociaux qu'au compte-goutte. Elle ne s'attaque pas non plus avec fermeté aux centaines de logements inoccupés que compte Namur. Pourtant le Code wallon du Logement lui donne le pouvoir de prendre massivement ces logements inoccupés en gestion. Qu'attend-elle ? ...

  • En attendant des mesures structurelles, nous exigeons que la Ville prenne des mesures d'urgence :
  • Mise en place de conteneurs aménagés de WC sur le parking des carrières (toilettes mobiles).
  • Permettre l'accès aux sanitaires de la piscine de Saint-Servais, actuellement fermée au public.
  • Organiser un ramassage des déchets afin que ceux ci ne s'entassent plus aux carrières.
  • Favoriser l'accès à des lavoirs pour le linge.
  • Distribution d'eau potable.
  • Accès aux colis alimentaires.
  • Octroi de sacs poubelle de la Ville (déchets ménagers et PMC) pour la gestion des déchets.
  • ...


* L'asbl « Petite Bouée » est une lieu de rencontre et de convivialité au centre-ville, où l'on peut laver son linge et prendre gratuitement une douche.
** Les enfants ont 1, 4, 5, 7, 10 et 13 ans.
Cette action a déjà été signée par 154 personnes.

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