Bienvenue chez NEW

Bienvenue chez NEW

3 septembre 2018

Une association sans but lucratif créée par la Ville de Namur pour se vendre aux grandes entreprises privées. Surréaliste ? Ca existe pourtant. Cerise sur le gâteau, cette asbl est financée par... nous... Plongée dans la nébuleuse NEW.

Capture d'écran new.be

À l'heure où les partis traditionnels, tous mouillés dans des scandales de détournement ou de gaspillage d'argent public, répètent en boucle vouloir rétablir l'éthique en politique, la transparence, etc., force est de constater que cela ressemble plus à une volonté de sauver la face et perdre le moins d'électeurs (et de mandats) possibles que d'une vraie remise en question de leurs pratiques. Bref, de laisser passer l'orage que les affaires du type Publifin ont provoqué. La preuve avec une singulière asbl fondée à Namur.

Namur-Europe-Wallonie, plus connue sous le sigle NEW, fĂŞte ses 30 ans en grande pompe. Plusieurs questions se posent : que fĂŞte-t-on exactement ? Que fait cette asbl ? Avec quel argent ?

Ces questions, et bien d'autres, peu de gens peuvent y rĂ©pondre. Des gens comme le secrĂ©taire (qui fait aussi office de directeur exĂ©cutif) FrĂ©dĂ©ric Laloux, ex-conseiller communal, ancien Ă©chevin des sports et Ă©phĂ©mère secrĂ©taire d'État Ă  la pauvretĂ© (PS), « proposĂ© Â» (entendez « dĂ©bauchĂ© Â») par le bourgmestre Maxime PrĂ©vot (cdH), prĂ©sident de NEW, Anne Barzin (MR), prĂ©sidente « par intĂ©rim Â» quand le bourgmestre Ă©tait « empĂŞchĂ© Â» mais Ă©galement nommĂ©e directement en tant que première Ă©chevine…

Pourquoi NEW ?

Mais revenons Ă  la raison d'ĂŞtre de cette asbl créée par la Ville il y a 30 ans, sous impulsion du bourgmestre socialiste de l'Ă©poque, Jean-Louis Close. Un coup d'oeil sur la dernière version des statuts nous apprend que « l'association a pour but de dĂ©velopper une politique de marketing territorial et institutionnel visant Ă  promouvoir Namur en tant que Capitale de rĂ©gion crĂ©ative, collaborative, innovante et durable, et dans ce cadre l’inscrire au besoin dans les rĂ©seaux internationaux appropriĂ©s Â». Première question : qu'est-ce que le « marketing territorial Â» ? « On peut dĂ©finir le marketing territorial comme l'effort collectif de valorisation et d'adaptation des territoires Ă  des marchĂ©s concurrentiels pour influencer, en leur faveur, le comportement des publics visĂ©s par une offre dont la valeur perçue est durablement supĂ©rieure Ă  celles des concurrents », selon Vincent Gollain, prĂ©sident du Club marketing territorial de l'Adetem (Association nationale des professionnels du marketing). Un spĂ©cialiste du marketing, donc.

Le site de NEW nous Ă©claire quelque peu (encore que...) quant Ă  ses objectifs : « Renforcer l’attractivitĂ© Ă©conomique de Namur en assurant l’accueil, l’information et l’accompagnement d’entreprises et organismes susceptibles de s’installer Ă  Namur, en Ă©troite synergie avec le Bureau Ă©conomique de la province (BEP) Â»...1

Traduction de la novlangue libĂ©rale : le but de NEW est de vendre la Ville. Aux entreprises privĂ©es surtout.

Plus de 385 500 euros Ă  NEW, 20 fois moins aux Restos du CĹ“ur

Et pour se vendre, cette mĂŞme Ville y met les moyens. Un des gros problèmes que pose NEW est que, si son financement provient très largement des citoyens, ces derniers n'ont aucun moyen d'avoir accès aux donnĂ©es concernant celui-ci… Une situation qui dĂ©range jusqu'au sein mĂŞme de NEW. Une source anonyme a ainsi envoyĂ© Ă  un membre du PTB Namur plusieurs documents intĂ©ressants, quoique secrets. Par exemple, les comptes internes de l'asbl rĂ©vèlent que pour 2016, le subside qu'octroie la Ville s'Ă©lève Ă ... 385 500 euros. (A titre de comparaison, notons que la Ville a versĂ© 16 808,71 euros aux Restos du CĹ“ur. Soit 20 fois moins…) Mais elle n'est pas la seule. La Province lui a versĂ© 14 762,50 euros, le gouvernement wallon 2 500 euros, le Parlement wallon 3 023,96 euros, le Commissariat gĂ©nĂ©ral au tourisme 20 000 euros en 2016, par exemple.

Le chiffre d'affaires pour 2016 s'Ă©lève lui Ă  101 775 euros. Il est composĂ© des prestations pour le « Namur Eurofolk 2016 » (60 000 euros), de cotisations des entreprises (12 400 euros), des cotisations des villes et communes (5 600 euros), des associations (8 900 euros), de l'enseignement (1 375 euros), des adhĂ©rents (11 600 euros)...

Pour quelles dĂ©penses ? LĂ  aussi, les surprises s’enchaĂ®nent. Commençons par les rĂ©munĂ©rations. Si M. Laloux ne communique pas son salaire, le poste « personnel de direction » indique pour 2015 une somme de 95 151,61 euros bruts… Ce qui fait, après un rapide calcul, un revenu de plus ou moins 4 000 euros par mois nets (3 500 euros nets si FrĂ©dĂ©ric Laloux touche un pĂ©cule de vacances ainsi qu’une prime de fin d’annĂ©e). Outre le directeur et l’assistante de direction, NEW emploie une chef de missions et trois chargĂ©s de projets.

Les rĂ©munĂ©rations brutes s'Ă©lèvent Ă  233 576,36 euros pour 2016. Notons qu'un ouvrier reçoit aussi un salaire. Pas très Ă©levĂ©, par contre : 9 962,87 euros bruts pour l'annĂ©e 2016...

Outre cela, comment notre argent est-il dĂ©pensĂ©, et pour quoi exactement ? Quelques exemples : 16 000 euros pour un colloque pour « cĂ©lĂ©brer les 30 ans du dĂ©cret Namur Capitale Â», plus de 30 000 euros dans des « missions Â» (voyages), frais pour le vĂ©hicule de direction (en leasing) de plus de 15 000 euros, provision pour le projet « station mĂ©tro Namur » Ă  MontrĂ©al de 30 000 euros (il s’agissait d’offrir... huit panneaux dĂ©coratifs…), etc.

Namur, Opa-Cité

Les dĂ©penses de NEW sont opaques. Le seul bilan de 2016 soulève dĂ©jĂ  de nombreuses questions sur l’argent public dĂ©pensĂ© chaque annĂ©e pour du « marketing territorial », ainsi que sur les retombĂ©es concrètes pour l’ensemble des Namurois.

Ces dépenses sont d’autant plus problématiques que le financement de l’asbl NEW repose essentiellement sur de l’argent public. Ce ne sont pas moins de 423 786,46 euros qui y ont été versés pour 2016 (sans compter les subsides APE).

Autre fait surprenant quant à l'utilisation de notre argent, NEW a besoin de beaucoup d'ordinateurs pour fonctionner : sur les 18 dernières années, pas moins de 19 ordinateurs, soit un par an, ont été achetés pour un total de 31 265,22 euros...

Revenons sur un autre chiffre. 30 000 euros pour des voyages (en 2016 seulement donc). Rappelons ici que malgrĂ© les demandes rĂ©pĂ©tĂ©es du PTB Namur, un voyage rĂ©cent en Louisiane (avril 2018) a laissĂ© beaucoup de questions en suspens... (Lire ici : https://namur.ptb.be/louisiane_2018) (Voir plus loin)

Outre tous ces frais surprenants, les dĂ©penses liĂ©es Ă  la promotion peuvent Ă©tonner : la confection de peluches « RUMAN » pour 20 000 euros par exemple, ou la pose de panneaux dans une station de mĂ©tro « Namur Â» Ă  MontrĂ©al (provision de 30 000 euros en 2016 et installation des panneaux en 2017). Des brochures promotionnelles sont Ă©galement rĂ©alisĂ©es, par exemple pour vendre Namur au MIPIM (marchĂ© international des promoteurs immobiliers) (lire plus ici : https://ptb.be/articles/cannes-le-marche-ou-bourgmestres-et-geants-de-l-immobilier-se-draguent) et au MAPIC (marchĂ© international des    professionnels de l’implantation commerciale et de la distribution). C'est dans ce genre de rendez-vous que sont fixĂ©s les accords pour des projets comme Rive Gauche, le gigantesque centre commercial de Charleroi, ou l'extension du Parlement wallon de Namur. Loin des regards des citoyens qui sont pourtant les premiers concernĂ©s par ces projets pharaoniques...

Qui est dans NEW ?

On le voit, le financement de cette asbl ainsi que ses dĂ©penses posent questions. Sa composition aussi. Les 5 administrateurs dĂ©signĂ©s par la Ville de Namur parmi ses membres effectifs « dont obligatoirement le Bourgmestre et le 1er Échevin » selon les statuts : 1 administrateur dĂ©signĂ© par la Province de Namur selon ses modalitĂ©s propres ; 1 administrateur dĂ©signĂ© par le directeur gĂ©nĂ©ral du BEP selon ses modalitĂ©s propres ; 1 administrateur reprĂ©sentant du Ministre-PrĂ©sident du Gouvernement wallon, sans voix dĂ©libĂ©rative. Au rayon des Ă©lus politiques, on retrouve des Ă©lus du cdH, du MR, d’Ecolo et du PS. (Voir liste complète plus bas) De plus, « l'AG Ă©lit 10 administrateurs parmi les candidatures dĂ©posĂ©es : 4 membres effectifs reprĂ©sentant les entreprises ; 2 membres effectifs reprĂ©sentant les communes autres que Namur ; 2 membres effectifs reprĂ©sentant les associations ; 2 membres effectifs reprĂ©sentant l'enseignement. » Si la dĂ©nomination pourrait laisser penser que le secteur associatif est associĂ© aux dĂ©cisions de NEW, ce sont des associations particulièrement intĂ©ressĂ©es par l'objectif avouĂ© (?) de NEW qui s'y trouvent : Anne-Catherine Jeulin est chargĂ©e de projets couveuse d’entreprises Ă  Job’In et Jean-Luc Maquet est le patron d'une agence de voyages, ex-prĂ©sident de l’Association des Commerçants de Namur, membre du CA de l’UCM...

Au niveau du monde des entreprises, siègent ou ont siégé dans l'asbl des membres d’ING, de l’UCM, etc. (Voir liste plus bas). Peu, très peu de représentants des PME...

NEW, pour quoi faire exactement ?

Revenons aux activitĂ©s de NEW. Concrètement, l’asbl organise de multiples « missions Â» Ă  l’étranger (Canada, USA, IndonĂ©sie, Vietnam…), l’accueil de missions Ă©trangères ou de membres de rĂ©seaux oĂą Namur s’inscrit, Ă  l’exemple de la venue d’Alain JuppĂ© le 5 septembre (membre de l’Association Internationale des Maires Francophones ou AIMF) (voir plus bas). Très clairement, l’objectif central est de renforcer « l’attractivitĂ© territoriale » de Namur, mais avec quelles retombĂ©es concrètes, et s’il y en a, pour qui et au dĂ©triment de qui ?

Au-delĂ  de ces « missions », il y a aussi la participation Ă  des colloques et des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales des rĂ©seaux oĂą la Ville de Namur s’inscrit, comme Vertech City ou l’AIMF, ainsi que des accueils diplomatiques.

Dans le cadre de ses objectifs, NEW est en partie dirigĂ©e par la Ville de Namur (art. 29 ter.), et le prĂ©sident n’est autre que le bourgmestre, ou Ă  dĂ©faut un administrateur nommĂ© par la Ville (art. 29 bis). Namur Europe Wallonie peut employer de multiples appellations. Il s’agit de « Commission Namur Capitale » et « Commissariat aux Relations Internationales de la Ville de Namur ». C’est dans le cadre de cette dernière « appellation / fonction » que le bourgmestre de Namur a le pouvoir d’imposer une mission Ă  l’asbl sans que son Conseil d’Administration n’ait Ă  en discuter de l’opportunitĂ©. En ce sens, lorsqu’elle fonctionne en tant que Commissariat aux Relations Internationales de la Ville de Namur, Namur Europe Wallonie est l’outil de la Ville de Namur (et du bourgmestre).

C’est via ces Ă©lĂ©ments des statuts que la Ville peut imposer Ă  NEW d’organiser les multiples « missions Â» Ă  l’étranger pour veiller « au dĂ©veloppement et au bon fonctionnement des relations internationales et de coopĂ©ration dĂ©centralisĂ©e de la Ville de Namur Â». En regardant les rapports d’activitĂ©s annuels, ces voyages ne manquent pas. Des Ă©lus de tous les partis reprĂ©sentĂ©s au sein de NEW y participent (cdH, MR, PS, Ecolo), et lĂ  aussi la question de l’opportunitĂ© de leur prĂ©sence ne semble pas discutĂ©e. Nul ne sait encore Ă  prĂ©sent ce que Philippe NoĂ«l (Ecolo), en sa qualitĂ© de prĂ©sident du CPAS de Namur, Bernard Guillitte (MR), Ă©chevin en charge de l’Environnement et des Espaces verts ou GwenaĂ«lle Grovonius (PS), conseillère communale de l’opposition, sont allĂ©s faire en Louisiane en avril 2018, par exemple…

« Cet argent doit servir aux gens, pas aux géants du béton »

Pour le PTB, l'existence et le fonctionnement de NEW posent de nombreuses questions. Germain Mugemangango, porte-parole francophone du parti de gauche : « Alors que nos Ă©lus nous demandent Ă  nous, travailleurs, de nous serrer la ceinture, il est anormal de se servir ainsi d'une asbl totalement opaque. A l'Ă©poque de Publifin et d'autres scandales du mĂŞme genre, tous les reprĂ©sentants des cinq partis traditionnels rĂ©pĂ©taient qu'il fallait une transparence totale dans l'utilisation des fonds publics. Et ils avaient raison. Mais on voit avec ce cas concret que ce ne sont que des paroles. Cet argent peut, et doit, ĂŞtre utilisĂ© autrement. Â»

Plus globalement, c’est l’objectif mĂŞme de NEW qui Ă©tonne Germain Mugemangango : « Pourquoi la Ville a-t-elle créé une asbl pour se vendre aux entreprises privĂ©es ? Cette vision libĂ©rale des partis traditionnels, nous la voyons partout dans le pays : ils tentent de vendre nos villes comme des produits, pour les bĂ©nĂ©fices de quelques actionnaires de gĂ©ants du bĂ©ton. C’est du city-marketing, c’est crĂ©er une concurrence entre villes. Au dĂ©triment des besoins des habitants… Â»

« NEW pose plusieurs problèmes, rĂ©agit Thierry Warmoes, prĂ©sident du PTB Namur. Nous avons besoin d'investissements publics dans de nombreux domaines... La prioritĂ© des Ă©lus de la Ville n'est apparemment pas la mĂŞme que celle des citoyens que nous avons sondĂ©s pour faire notre programme. Pour ces derniers, les questions a rĂ©gler sont les problèmes d'emplois, de logement, de pauvretĂ©... Pour la Ville, c'est attirer des investisseurs pour des projets qui ne profitent qu'Ă  une minoritĂ©. Â»

Autre problème soulevĂ© : l'opacitĂ©. « Les Namurois et les Wallons en gĂ©nĂ©ral ne savent mĂŞme pas que cette asbl existe et qu'en plus, elle se finance sur notre dos. Comment une telle structure peut-elle ĂŞtre Ă  ce point secrète sur ses finances et l'utilisation de celles-ci ? Â»

Le prĂ©sident local explique sa vision : « Quand on voit oĂą cet argent pourrait ĂŞtre utilisĂ© au lieu de vendre notre ville, nous n'hĂ©sitons pas une seconde : plus aucun euro public ne doit revenir Ă  NEW. Cet argent doit servir aux gens, pas aux multinationales du bĂ©ton. Avec les 383 000 euros qu'a versĂ© la Ville Ă  NEW en 2016, on peut engager une vingtaine d'agents communaux pour la propretĂ©, la sĂ©curitĂ©... Ou alors crĂ©er un abri de jour pour les SDF. Ou encore embellir les espaces verts ou investir dans du logement public social. Bref, ce ne sont pas les alternatives qui manquent ! »

Auteurs: Jonathan Lefèvre et Jean-François Lenoir

 


1. Le Groupe BEP est chargĂ© du dĂ©veloppement Ă©conomique, social et environnemental de la Province de Namur, en coordination avec les autoritĂ©s wallonnes. Les actionnaires sont la Province de Namur et les 38 Communes qui la composent. La structure faĂ®tière BEP anime, gère et coordonne : BEP Environnement (Ă  majoritĂ© communale) en charge de la collecte et du traitement des dĂ©chets. BEP CrĂ©matorium (Ă  majoritĂ© communale) qui coordonne la gestion du CrĂ©matorium du CĹ“ur de la Wallonie, dans la cadre d’un partenariat public-privĂ©. Plusieurs Communes namuroises et luxembourgeoises et les deux Provinces en sont les actionnaires. BEP Expansion Ă©conomique, (Ă  majoritĂ© communale) active dans le dĂ©veloppement et la gestion des infrastructures d’accueil pour entreprises (parcs et incubateurs). IDEFIN, (Ă  majoritĂ© communale), Intercommunale de financement, qui a pour but de gĂ©rer les participations financières des communes dans les rĂ©seaux de distribution d’énergie.


Qui siège ?

Outre Maxime Prévot, Frédéric Laloux et Anne Barzin, sont présents au niveau des élus politiques : Olivier Anselme (PS – conseiller communal namurois, membre du comité de direction), Arnaud Gavroy (Ecolo – échevin namurois, membre du comité de direction), Jean-Marc Van Espen (MR – député et président de la Province de Namur, membre du comité de direction), José Paulet (MR – bourgmestre de Gesves, membre du comité de direction), Benoit Dispa (cdH – bourgmestre de Gembloux), Luc Gennart (MR – échevin namurois), Dimitri Lhoste (MR – conseiller communal namurois), Denis Liselele (PS – échevin à Sambreville), Jean-Marie Mottoul (cdH de Namur), Thibaut Naniot (président du cdH de Namur), Pierre Tasiaux (cdH – bourgmestre d’Assesse).

Parmi les représentants des entreprises, nous retrouvons Marie-Laurence Levaque (ING, Relationship manager pour les secteurs publics et non-marchand, trésorière de NEW), Delphine Frennet (UCM, directrice opérationnelle, membre du comité de direction), Jean-Christophe Weicker (Voyages Copine, directeur, membre du comité de direction), Patrick Joly (ERA, expert immobilier), Marc Josse (Vinçotte Holding), Daniel Pigneur (SPRL, expert judiciaire, membre du CA de l’UCM)…


Dépenses 2016 (sauf PC)

Colloque Namur Capitale – 30 ans du décret : 16.502,71

Mission Québec : 5.663,88

Namur Québec – Fêtes namuroises : 25.570,25

Mission Lafayette : 6.289,20

RI – RDC – UCVW (aide au développement Congo) : 5.112,08

Achat d’articles de promotion – RUMAN : 28.544,14

Leasing véhicule de direction : 12.951,05

Carburant véhicule : 1.617,83

Parking : 2.154,87

Cadeaux : 496,50

Personnel de direction (brut 2015) : 95.151,61

Provision projet « station métro Namur » : 30.000

Provision Tricentenaire Nouvelle Orléans : 30.000

Achat de PC (1996 – 2014) : 31.265,22 (soit 19 PC)


Financement public 2016

Subsides Ville de Namur : 383.500

Subsides Province de Namur : 14.762,50

Subsides Gouvernement wallon : 2.500

Subsides Parlement wallon : 3.023,96

Subsides Commissariat Général au Tourisme : 20.000

Subsides APE : 29.809

Total sans APE : 423.786,46

Total avec APE : 453.595,46

(source: https://ptb.be/articles/bienvenue-chez-new)


 

Pour ses 30 ans, NEW a eu l'idée d'inviter un politicien... condamné par la justice. Le PTB ne conteste évidemment pas le droit d’Alain Juppé de s'exprimer, mais pas avec de l'argent public. Il donne rendez-vous le 5 septembre lors de la venue de l'ex-Premier ministre français. Petit portrait express de celui-ci.

Alain Juppé, leçons de fraude

Ă€ l’occasion de ses trente ans d’existence, l’asbl « Namur Europe Wallonie Â» (NEW), prĂ©sidĂ©e par le bourgmestre Maxime PrĂ©vot, invite Alain JuppĂ© Ă  Namur. Les deux hommes se connaissent, se voyant par exemple au MarchĂ© International des Professionnels de l’Immobilier (Mipim) ou dans le cadre des activitĂ©s de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF).

Maire actuel de Bordeaux et ancien Premier ministre français, Alain JuppĂ©, comme on peut le lire sur le site de la Ville de Namur, « rehaussera de sa prĂ©sence cet anniversaire en exposant la dynamique audacieuse et volontariste de redĂ©ploiement urbain de Bordeaux. Â» Or s’il y a une matière oĂą l’homme excelle, au-delĂ  des politiques de casse sociale et des privatisations, c’est… la fraude.

« Tu auras un bel appart’, mon fils Â»

En janvier 1993, Philippe Lafouge, le délégué général au logement à Paris, rédige pour Alain Juppé une note sur le loyer fixé pour un appartement municipal rue Jacob, dans le quartier luxueux de Saint-Germain-des-Prés. Il propose 6 913,28 francs pour 88 m2, ce que Juppé corrige en arrondissant à 6 000 francs (915 euros). Le futur locataire n’est autre que son fils, Laurent. Et pour que ce dernier se sente au mieux dans cet appartement, la Ville de Paris y réalise 381 390 francs (58 143 euros) de travaux. À l’époque, Alain Juppé, occupant des fonctions d’adjoint aux finances de la Mairie de Paris, loue un hôtel particulier de 180 mètres carrés. C’est également une propriété de la Ville de Paris, située à quelques pas de l’appartement de son fils. Là aussi, le loyer, environ 2.000 euros, est bien en dessous des prix du marché… L’affaire prendra fin avec le déménagement des Juppé père et fils.

Les emplois fictifs de la Mairie de Paris

En 1999, Alain JuppĂ© est placĂ© en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illĂ©gale d'intĂ©rĂŞt Â», pour des faits commis de 1983 Ă  1995, lorsqu’il Ă©tait secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du RPR et maire adjoint de Paris aux finances. Le 30 janvier 2004, il est reconnu coupable et condamnĂ© Ă  18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inĂ©ligibilitĂ©. La cour du tribunal correctionnel de Nanterre juge qu’Alain JuppĂ© a « dĂ©libĂ©rĂ©ment recouru Ă  des arrangements illĂ©gaux » pour favoriser son parti. Six personnes travaillaient en effet pour le RPR alors qu’elles Ă©taient payĂ©es par la Ville de Paris. En appel, la condamnation d’Alain JuppĂ© est rĂ©duite Ă  14 mois de prison avec sursis… mais surtout elle ramène son inĂ©ligibilitĂ© Ă  un an.

Un condamné qui se la coule douce au Canada

Après cette condamnation, JuppĂ© dĂ©missionne de son mandat de maire de Bordeaux, il fait ses valises et s’envole avec sa famille pour le Canada, oĂą il compte parmi ses amis le Maire de QuĂ©bec… LĂ , il donnera des cours   Ă  l'École nationale d'administration publique (un comble…) et prendra du bon temps. Ainsi dĂ©clare-t-il Ă  son retour en France : « Un jour, je me suis arrĂŞtĂ© dans un fast-food. Il n'y avait personne. Et c'est lĂ , en mangeant mon hamburger tout seul, que je me suis dit : Mais qu'est-ce que tu fous lĂ  !? Â» Il ne se demandait certainement pas pourquoi il Ă©tait occupĂ© Ă  se la couler douce dans un fastfood canadien au lieu de dĂ®ner au rĂ©fectoire de la prison de Fleury-MĂ©rogis… Il voulait surtout retrouver « sa Â» place et le pouvoir. De retour Ă  Bordeaux après son annĂ©e d’inĂ©ligibilitĂ© sabbatique, Alain JuppĂ© sera réélu Maire en 2006.

Un invité qui n’est pas le bienvenu

Alain JuppĂ© est le modèle de ces politiciens cyniques qui pensent Ă  leurs intĂ©rĂŞts tout en dĂ©molissant les droits sociaux de la population, qui n’hĂ©sitent pas Ă  se servir au lieu de servir… Nous pouvons lĂ©gitimement nous demander s’il n’y avait personne d’autre qu’un politicien corrompu (et condamnĂ©) pour venir donner une confĂ©rence Ă  Namur… ? Lorsqu’on voit les similitudes entre sa politique de droite Ă  Bordeaux et ce qui se fait ici, ou encore quand on l’entend qualifier sa ville de « belle endormie Â» comme le fait Maxime PrĂ©vot Ă  propos de Namur, on devine les points communs entre les deux hommes, sans pour autant savoir lequel s’inspire de l’autre.

Le PTB organise un rassemblement Ă  l'occasion de la venue d'Alain JuppĂ©. Voir ici.