L’affichage troublant du cdH sur des logements à l’abandon

Le cdH dit dans son programme communal vouloir lutter intensivement contre les logements inoccupés. Sauf qu’en pratique, il présente sur sa liste, et en bonne place, un entrepreneur en bâtiment possédant au moins un logement à l’abandon depuis des années. Par ailleurs - hasard ou non - un homme du même nom, actif dans l’immobilier au sein de la société « Multi Home », a été condamné en 2006 pour de multiples fraudes. Détails et photos ci-dessous.

 

Le problème du logement, un problème namurois

Les logements inoccupés sont un réel problème dans la capitale wallonne. Namur est victime d’une part de la spéculation immobilière par des multi-propriétaires, et d’autre part par celle des entreprises immobilières. Ceux-ci, espérant attirer des gros revenus (qui tardent à apparaître), laissent des logements à l’abandon plusieurs années. Dans certains cas cela permet de pousser les habitant(e)s à partir, pour ensuite raser et bâtir des logements principalement de luxe (comme l’a fait Actibel à Bomel). Dans d'autres, cela permet aussi simplement spéculer sur la valeur du bien (en espérant qu’elle monte).

L’affichage troublant du cdH

Le cdH dit dans son programme communal vouloir lutter intensivement contre les logements inoccupés mais des candidat(e)s du parti « humaniste » s’affichent sur (et dans) ceux-ci.
En nous promenant à Namur, nous pouvons voir des maisons dans un état déplorable, abandonnées depuis des années, rue Notre-Dame, place l’Ilon, rue Saint-Nicolas ou encore rue du Paradis à Jambes. Quelle (mauvaise) surprise de voir à l’intérieur de celles-ci des affiches de candidat(e)s du cdH, comme le prouvent les photos ci-dessous. Sans compter la banderole sur la façade d’une énorme maison de maître rue Saint-Nicolas, trouée de partout.



À qui appartiennent ces bâtiments ? Un candidat revient sur plusieurs affiches, Vincent Maillen, septième sur la liste cdH. Profession ? Entrepreneur en bâtiment.



Un membre notoire du cdH, Jean Gréban, par ailleurs collaborateur de la campagne du bourgmestre Maxime Prévot, a confirmé qu’un de ces bâtiments appartient à… Vincent Maillen.


C’est un comble quand on lit dans le programme du cdH qu’ils veulent « poursuivre intensément la lutte contre les bâtiments inoccupés par toute voie légale possible. »

Conclusion

On est dès lors en droit de se demander comment le cdH compte lutter intensément contre les bâtiments inoccupés, alors qu’il y en a déjà un qui appartient à un candidat actif dans la construction et en bonne place sur leur liste…

On peut donc plus que supposer que le cdH connaît le ou les propriétaires, et qu’il a l’autorisation ou le soutien de ceux-ci pour sa campagne. C’est d’une hypocrisie crasse. Chacun appréciera…

Par ailleurs, les biens repérés ne sont pas situés n’importe où. Rue Notre-Dame, la valeur de la « maison » (de ce qu’il en reste) peut monter, du fait de l’extension du Parlement. Place l’Ilon et dans le quartier Saint-Nicolas, les habitant(e)s sont préoccupés par la quantité d’immeubles vides et une possible gentrification. Avec le projet des Casernes porté par Thomas et Piron, tout proche de la rue Saint-Nicolas, la valeur va monter. Les gros promoteurs, qui ont de l’argent, peuvent fort bien racheter des bâtiments pour créer un futur « nouveau quartier », et attendre, en payant la taxe qui ne leur faire guère d’effet. Les habitant(e)s, eux dégustent et voient le quartier se détériorer, alors qu’il y a aussi en prime une demande importante pour du logement accessible et de qualité à Namur.

Condamné pour fraude

Dernier détail, pour en revenir à Vincent Maillen, un homme du même nom, à l'époque actif dans l’immobilier au sein de la société « Multi Home », a été condamné pour de multiples fraudes :

" Faux en écriture, fraude fiscale, faux bilan, absence de comptabilité, sociétés fictives, organisation d'insolvabilité, etc., quasi toute la gamme des infractions répréhensibles en matière de fraudes était reprochée aux neuf prévenus, mais principalement à Aloys Peiffer, 47 ans, marchands de bestiaux à Baelen, Vincent Maillen, 49 ans, de Namur, et Nicolas Dewalque 61 ans, de Liège, associés au sein de la société Multi Home, poursuivis également pour association de malfaiteurs.
Après de longs mois de procès, le juge Leyh a rendu son verdict : toutes les préventions reprochées aux prévenus sont déclarées établies, sauf celle d'association de malfaiteurs pour laquelle aucune preuve réelle n'a pu être produite. 
Toutefois, les peines tiennent compte de l'ancienneté des faits : 3 ans et 4 mois avec sursis pour le surplus de la préventive pour Aloys Peiffer, avec interdiction professionnelle pour six ans, 18 mois avec sursis pour Dewalque et Maillen. " (1)

Sauf s’il s’agit d'un homonyme, c’est particulièrement grave, même si la peine a été purgée. Le cdH va avoir des choses à clarifier… Qui possède ces immeubles ? Quels sont leurs rapports avec les propriétaires qui les affichent ? Beaucoup de questions se posent.

(1) http://www.dhnet.be/actu/faits/dewalque-a-fraude-51b7c271e4b0de6db98c5477


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  • Anonymous
    a suivi cette page 2018-11-20 21:00:02 +0100

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?